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Stratégies de Décarbonation et Construction Durable : Vers le Net-Zero en Europe et au Canad

Le secteur immobilier représente aujourd’hui un enjeu majeur dans la lutte contre le changement climatique. En France, il consomme 45% de l’énergie totale et génère près de 18% des rejets nationaux de CO₂.

Face à cette réalité, une transformation profonde s’opère. La nouvelle réglementation environnementale RE2020, active depuis janvier 2022, impose des standards ambitieux.

Ces règles visent à généraliser des édifices sobres en énergie et à faible impact environnemental. L’objectif est clair : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Le Canada développe parallèlement sa propre approche avec la Norme Bâtiment à Carbone Zéro. Ces deux cadres réglementaires révolutionnent les pratiques du secteur.

Vous découvrirez dans ce guide comment ces stratégies transforment radicalement l’industrie. Des données précises et des exemples concrets vous guideront dans vos projets.

L’analyse du cycle de vie, les certifications internationales et les innovations en matériaux biosourcés seront explorées. Ces éléments constituent les piliers de la transition écologique.

Points Clés à Retenir

  • Le secteur immobilier français représente 45% de la consommation énergétique et 17,9% des émissions de CO₂
  • La RE2020 impose des seuils progressifs pour réduire l’impact environnemental des nouvelles constructions
  • L’objectif est de généraliser les édifices bas carbone et sobres en énergie d’ici 2031
  • Le Canada développe une approche similaire avec sa norme bâtiment à carbone zéro
  • L’analyse du cycle de vie et les matériaux biosourcés sont essentiels pour cette transition
  • Les certifications internationales (LEED®, Passivhaus) guident cette transformation
  • La neutralité carbone dans le secteur du bâtiment est visée pour 2050 en Europe et au Canada

Introduction et Objectifs du Guide

Face aux défis climatiques, les professionnels de l’immobilier doivent maîtriser les stratégies de réduction d’impact environnemental. Ce guide vous aide à comprendre les objectifs des nouvelles réglementations pour les bâtiments neufs et existants.

Vous découvrirez une approche globale qui intègre l’analyse du cycle de vie complet. Cette méthode évalue l’impact réel des projets de construction sur l’environnement, au-delà de la simple consommation énergétique.

Les bâtiments mal isolés représentent des enjeux sociaux majeurs. En France, 7 millions de logements nécessitent des rénovations énergétiques urgentes.

Les réglementations européennes et nord-américaines convergent vers des standards communs. Cette harmonisation à l’échelle internationale vise la neutralité carbone pour 2050. Les nouvelles méthodes de construction réduisent significativement l’empreinte carbone sur cinquante ans.

Ce document vous fournit les outils pour réussir votre transition écologique. Des études de cas concrets illustrent les meilleures pratiques actuelles.

Contexte Historique de la Construction Durable en France

Les premières réglementations thermiques françaises sont nées en réponse aux défis énergétiques des années 1970. Cette évolution progressive a transformé les méthodes de conception des bâtiments sur cinq décennies.

L’évolution des réglementations depuis RT1974

La RT1974 marque le début du parcours réglementaire français. Elle imposait une réduction de 25% de la consommation énergétique par rapport aux pratiques antérieures.

Chaque nouvelle norme a renforcé les exigences. La RT1982 a demandé -20% supplémentaires, suivie par la RT2000 (-15%) et la RT2005 (-15%).

La RT2012 a représenté un saut majeur avec -50% par rapport à 2005. Elle a fixé un seuil de 50 kWh/m².an pour les nouveaux logements.

Les crises énergétiques et leurs impacts

Le choc pétrolier de 1973 a directement motivé la première réglementation. Les engagements internationaux ont ensuite accéléré l’innovation.

L’Accord de Paris a catalysé l’adoption de la RE2020 en janvier 2022. Cette norme intègre enfin la dimension carbone dans l’évaluation des bâtiments.

La consommation énergétique moyenne est passée de 450 kWh/m².an en 1974 à environ 75 kWh/m².an aujourd’hui. Cette réduction par six montre l’efficacité du cadre réglementaire.

Les Enjeux de la Décarbonation pour un Bâtiment Net-Zero

Avec près du quart des rejets nationaux de CO₂, l’immobilier devient un levier décisif pour la neutralité carbone. Cette transformation représente un défi structurel majeur pour l’ensemble du secteur bâtiment.

Les défis du réchauffement climatique

Le réchauffement climatique impose une refonte complète des pratiques. Votre projet doit désormais intégrer l’impact carbone sur l’ensemble du cycle de vie.

Les émissions du parc résidentiel-tertiaire atteignent 25% du total national. La Stratégie Nationale Bas-Carbone vise une réduction de 30% d’ici 2030.

Trois défis principaux émergent :

  • Éliminer progressivement les combustibles fossiles
  • Limiter le carbone intrinsèque des matériaux
  • Adapter les bâtiments aux vagues de chaleur fréquentes

La RE2020 incarne cette approche holistique. Elle évalue non seulement l’énergie consommée mais aussi l’impact environnemental des matériaux.

Les bénéfices économiques sont significatifs. Une étiquette DPE A+ peut augmenter la valeur immobilière de 10 à 15%. Vous réduisez également les factures énergétiques tout en améliorant le confort des occupants.

Cette transition répond directement aux objectifs de l’Accord de Paris. Elle transforme le réchauffement climatique en opportunité pour créer de la valeur durable.

La Réglementation RE2020 : Impacts et Objectifs

Cette réglementation environnementale 2020 constitue la première norme à intégrer pleinement la dimension carbone dans l’évaluation des bâtiments. Elle transforme radicalement votre approche de conception immobilière depuis son application en janvier 2022.

Les trois piliers : Sobriété, Carbone et Confort d’été

Le pilier énergétique vise une réduction de 30% de la consommation par rapport à la RT2012. Vous devez privilégier les énergies renouvelables comme les pompes à chaleur pour éliminer progressivement les énergies fossiles de chauffage.

Le volet carbone impose une baisse de 40% des émissions sur 50 ans. Il mesure l’impact environnemental des matériaux depuis leur production jusqu’à leur fin de vie.

Le confort d’été introduit l’indicateur DH pour garantir la résilience face aux canicules. Votre projet doit limiter le recours systématique à la climatisation énergivore.

Calendrier et perspectives d’évolution

L’application progressive a débuté en janvier 2022 pour les logements neufs. Les bâtiments tertiaires suivent depuis juillet 2022 et janvier 2024.

Des renforcements sont programmés en 2028 (-15%) et 2031 (-30%). Ces objectifs ambitieux préparent la neutralité carbone pour 2050 tout en améliorant la performance globale de vos projets.

Analyse du Cycle de Vie et Bilan Carbone dans le Secteur du Bâtiment

L’évaluation environnementale des projets immobiliers connaît une révolution méthodologique fondamentale. L’analyse du cycle de vie (ACV) offre désormais une vision complète de l’impact écologique.

Cette approche multicritères examine toutes les étapes, depuis l’extraction des matériaux jusqu’au recyclage final. Vous obtenez ainsi une quantification précise des consommations énergétiques et des rejets de carbone sur l’ensemble du cycle de vie.

Pour les nouveaux édifices très performants, le carbone intrinsèque devient déterminant. Il peut représenter jusqu’à 90% de l’impact total, concentré sur la phase de fabrication et de mise en œuvre.

Un bilan carbone complet distingue cinq étapes principales :

  • Production et transport des matériaux
  • Réalisation du chantier
  • Exploitation sur cinquante ans
  • Maintenance régulière
  • Démolition et valorisation

Les FDES (Fiches de Déclaration Environnementale et Sanitaire) fournissent des données standardisées indispensables. Ces outils vous permettent de comparer objectivement différents systèmes constructifs.

L’analyse cycle vie identifie les véritables leviers de réduction d’empreinte écologique. Elle dépasse la simple performance énergétique en exploitation pour une approche holistique.

Construction durable et décarbonation : Bâtiment Net-Z

Les projets immobiliers ambitieux visant le zéro émission nette s’appuient sur une stratégie multidimensionnelle éprouvée. Cette approche combine optimisation énergétique et sélection rigoureuse des matériaux pour un impact environnemental minimal.

Stratégies et bonnes pratiques pour le Net-Zero

Votre projet réussit lorsque quatre piliers stratégiques sont harmonieusement intégrés. La sobriété énergétique vient en premier, avec une réduction de 30% par rapport aux normes précédentes.

Le deuxième axe concerne les matériaux. Il vise à diminuer de 40% les émissions sur cinquante ans. Des solutions comme le béton bas carbone et les biosourcés deviennent essentiels.

La résilience climatique forme le troisième pilier. Elle garantit le confort estival sans recours systématique à la climatisation. L’indicateur DH ne doit pas dépasser 1 250 °C·h.

Enfin, la trajectoire vers la neutralité carbone s’inscrit dans le long terme. Des renforcements progressifs sont prévus en 2028 et 2031 pour aligner votre bâtiment sur les objectifs nationaux.

Pilier stratégique Objectif clé Métrique principale Impact
Sobriété énergétique -30% consommation Bbio/Cep,nr vs RT2012 Réduction des coûts d’exploitation
Décarbonation matériaux -40% émissions GES Ic ≤ 640-800 kgCO₂/m² Baisse de l’empreinte environnementale
Résilience climatique Confort été naturel DH ≤ 1 250 °C·h Adaptation au changement climatique
Trajectoire neutralité Alignement SNBC 2050 RE2028 -15%, RE2031 -30% Conformité réglementaire future

Cette méthodologie dépasse la simple compensation par crédits carbone. Elle réduit l’impact à la source sur l’ensemble du cycle de vie de vos bâtiments. La collaboration entre architectes et ingénieurs dès la conception optimise simultanément performance énergétique, bilan carbone et confort des occupants.

Les Techniques Avancées de Conception Bioclimatique

L’architecture bioclimatique transforme radicalement votre approche de conception en exploitant les ressources naturelles disponibles. Cette méthode intelligente maximise le confort thermique de votre bâtiment tout en réduisant sa dépendance énergétique.

Optimisation de l’orientation et du design passif

Votre projet bénéficie directement de l’orientation sud optimale. Une surface vitrée représentant 18-22% de la SHAB génère des apports solaires gratuits significatifs.

L’exemple d’un séjour de 25 m² avec baies de 4,5 m² plein sud démontre un gain de 18% en hiver. Les masques solaires comme les casquettes horizontales de 80 cm réduisent le facteur solaire de 0,65 à 0,35.

La compacité architecturale influence directement votre consommation énergétique. Un coefficient ≤ 1,2 réduit les déperditions thermiques de 8 à 12 points Bbio.

  • Orientation sud privilégiée pour maximiser les apports solaires gratuits
  • Compacité optimale avec une maison carrée réduisant de 12% les déperditions
  • Inertie thermique des matériaux lourds régulant naturellement la température
  • Protections solaires adaptées limitant les surchauffes estivales
  • Ventilation naturelle traversante améliorant le confort sans chauffage additionnel

Ces principes de design passif améliorent la performance globale de votre bâtiment. Ils permettent des gains jusqu’à 25 points Bbio sans technologies complexes.

Sélection des Matériaux et Innovations Éco-responsables

Le choix des matériaux détermine aujourd’hui l’empreinte environnementale de vos projets immobiliers. Cette sélection influence directement le bilan carbone sur l’ensemble du cycle de vie.

Le carbone intrinsèque représente jusqu’à 90% de l’impact environnemental d’un édifice performant. Cette réalité transforme votre approche de sélection.

Les matériaux biosourcés comme le bois et le chanvre séquestrent du carbone durant leur croissance. Ils s’opposent aux produits conventionnels générant d’importantes émissions de CO₂ lors de leur production.

Les innovations récentes offrent des solutions performantes. Les bétons bas carbone incorporent des liants alternatifs comme les laitiers.

Les isolants biosourcés atteignent des performances remarquables. La fibre de bois offre R≥5,0 et la ouate de cellulose R≥8,0.

Les FDES fournissent des données normalisées sur l’impact environnemental. Ces fiches couvrent tout le cycle de vie des matériaux.

Un exemple concret montre une structure bois-paille réduisant de 40% l’empreinte versus le béton traditionnel. Les circuits courts de production limitent également les émissions de transport.

Cette optimisation permet de respecter le seuil Ic construction ≤ 640-800 kgCO₂/m². Votre bâtiment atteint ainsi une performance environnementale optimale.

Optimisation de la Performance Environnementale et du Confort d’Été

La performance environnementale dépasse aujourd’hui la simple efficacité énergétique pour intégrer le bien-être des occupants. Votre approche doit désormais considérer le confort thermique comme un pilier essentiel.

Mesure du Degré-Heure d’inconfort (DH)

La RE2020 introduit l’indicateur DH pour quantifier précisément l’inconfort estival. Ce calcul cumule les écarts de température au-dessus du seuil de confort.

Le seuil réglementaire est fixé à 1 250 °C·h maximum. Cette métrique évalue la capacité de votre bâtiment à résister aux canicules sans climatisation.

Trois stratégies passives optimisent cette performance :

  • L’inertie thermique des matériaux lourds (≥150 kg/m²)
  • Les protections solaires extérieures comme les casquettes
  • La ventilation naturelle traversante et nocturne

Bénéfices pour le bien-être des occupants

L’optimisation du confort d’été réduit les risques sanitaires pendant les vagues de chaleur. Elle améliore également la qualité du sommeil et la productivité.

Votre projet élimine ainsi les coûts et l’impact environnemental de la climatisation conventionnelle. La ventilation naturelle suffit pour maintenir un environnement sain.

Cette approche positionne la France comme pionnière en matière de performance environnementale estivale. Aucune autre réglementation internationale n’intègre un indicateur aussi abouti.

Réduction des Émissions Carbone et Transition Énergétique

La Stratégie Nationale Bas-Carbone fixe un objectif clair pour le secteur immobilier français. Votre projet doit contribuer à une réduction de 30% des émissions carbone d’ici 2030.

Ce secteur représente 25% des rejets nationaux de CO₂. Il consomme également 45% de l’énergie finale. La transition énergétique repose sur trois axes complémentaires.

Premièrement, réduisez drastiquement les besoins par l’isolation performante. Deuxièmement, électrifiez les usages pour éliminer les combustibles fossiles. Troisièmement, produisez localement des énergies renouvelables.

Les systèmes performants offrent des gains significatifs:

  • VMC double flux (rendement ≥90%) : économie de 12 à 18 kWh/m².an
  • Pompes à chaleur air/eau (COP ≥4,0) : gain de 20 à 30 kWh/m².an
  • Chauffe-eau thermodynamiques (COP ≥3,0) : réduction de 10 à 15 kWh/m².an

La RE2020 établit une trajectoire ambitieuse. Elle vise -30% de consommation énergétique et -40% d’émissions sur 50 ans.

Les renforcements programmés en 2028 (-15%) et 2031 (-30%) préparent la neutralité carbone. Ce taux de progression assure une transition progressive pour l’ensemble du secteur.

Votre maîtrise de ces leviers est essentielle. Elle permet d’atteindre les objectifs nationaux tout en optimisant la performance énergétique de vos projets.

Comparatif des Normes Internationales et Perspectives Européennes

L’harmonisation des standards internationaux marque une étape décisive pour l’industrie immobilière mondiale. Vous découvrez ici comment différentes normes abordent la performance environnementale des bâtiments.

Exemples : Passivhaus, NZEB, et BBR 29

Le standard allemand Passivhaus représente la référence en efficacité énergietique. Il impose un besoin de chauffage inférieur à 15 kWh/m².an.

La directive européenne NZEB établit un socle commun pour les 27 États membres. Elle prépare la future révision EPBD 2024-2030.

La Suède se distingue avec sa norme BBR 29 limitant les émissions d’exploitation. La France complète cette approche avec l’ACV sur 50 ans de la RE2020.

Ces différentes normes convergent vers des objectifs communs. La réduction du carbone et l’optimisation énergietique deviennent prioritaires.

Des projets comme Evolv1 au Canada démontrent cette convergence internationale. Ils illustrent des cas concrets de réussite environnementale.

Cette comparaison à l’échelle mondiale révèle des approches complémentaires. Chaque norme apporte des solutions adaptées à son contexte.

Coûts, Investissements et Retours sur Investissement

Les surcoûts initiaux de la réglementation RE2020 s’avèrent rapidement rentables grâce aux économies d’énergie. Votre investissement supplémentaire de 5 à 8% se compense généralement en 8 à 10 ans.

La valeur immobilière de votre bâtiment augmente significativement. Une étiquette DPE A+ génère une plus-value de 10 à 15% sur le marché.

Prenons un exemple concret avec une maison de 120 m². La facture énergétique annuelle passe de 850€ à 590€, soit une économie de 260€.

Équipement performant Coût supplémentaire Économies annuelles Retour sur investissement
VMC double flux 2 500 – 4 000 € 300 – 500 € 7 – 9 ans
Pompe à chaleur air/eau 8 000 – 12 000 € 400 – 600 € 10 – 15 ans
Chauffe-eau solaire 3 500 – 5 500 € 200 – 350 € 12 – 18 ans
Chauffe-eau thermodynamique 1 500 – 2 500 € 150 – 250 € 8 – 12 ans

Les aides publiques réduisent votre mise initiale. MaPrimeRénov’ et les CEE couvrent 30 à 50% des dépenses selon vos revenus.

Ces données démontrent l’intérêt économique de la construction performante. Votre réduction de consommation énergétique offre un excellent taux de rentabilité.

La deuxième construction durable devient ainsi un investissement judicieux. Elle combine performance environnementale et avantages financiers tangibles.

La Rénovation Énergétique et l’Adaptation des Bâtiments Existants

Plus de sept millions d’habitations nécessitent des travaux d’isolation urgents, révélant l’ampleur du chantier de rénovation énergétique. Quatorze pour cent des Français déclarent avoir froid dans leur logement, soulignant l’urgence sociale de cette transformation.

Les stratégies d’adaptation incluent l’isolation par l’extérieur et le remplacement des menuiseries. L’optimisation des systèmes de chauffage et l’intégration d’énergies renouvelables améliorent significativement la performance énergétique.

Plusieurs aides financières soutiennent ces travaux. MaPrimeRénov’ couvre jusqu’à 90% du coût pour les ménages modestes. L’éco-prêt à taux zéro permet d’emprunter 50 000€ sans intérêts.

La rénovation exige une approche sur-mesure, contrairement aux standards applicables aux nouvelles constructions. Elle doit respecter les contraintes patrimoniales et architecturales des bâtiments existants.

Ce chantier reste vaste et nécessite le déploiement de réglementations adaptées. Des expérimentations terrain et des méthodologies spécifiques sont essentielles pour atteindre les objectifs nationaux de réduction de consommation d’énergie.

Le Référentiel Energie-Carbone et ses Applications dans la Construction

Le Référentiel Energie-Carbone, validé depuis 2019, offre un cadre méthodologique complet pour évaluer la performance environnementale des projets immobiliers. Cette approche française combine une méthode de calcul rigoureuse avec un label volontaire.

Label E+C- et méthode d’évaluation intégrée

Le label E+C- (Energie positive & Réduction Carbone) s’applique aux nouvelles constructions dès le dépôt du permis. Il classe les bâtiments selon deux échelles distinctes.

Quatre niveaux mesurent la performance énergétique, le niveau 4 visant l’autosuffisance. Deux niveaux évaluent le bilan carbone, le niveau 2 représentant l’optimal pour les émissions minimales.

Trois indicateurs clés structurent cette analyse. Le Bbio quantifie les besoins bioclimatiques de chauffage et d’éclairage. Le Cep mesure les consommations réelles d’énergie.

Le Bilan BEPOS évalue la production locale d’énergies renouvelables. Ces données permettent une vision complète sur l’ensemble du cycle de vie.

L’objectif stratégique encourage l’autosuffisance énergétique par des solutions comme les panneaux solaires. Il réduit également la consommation de gaz à effet de serre sur toute la phase de vie.

Ce référentiel prépare la transition vers des édifices à énergie positive. Il constitue le socle des futures réglementations intégrant pleinement le bilan environnemental.

Certifications et Normes Internationales : BCZ, LEED® et Autres

Le Canada développe des certifications environnementales innovantes pour les bâtiments. La Norme Bâtiment à Carbone Zéro (BCZ) représente une approche pionnière depuis son lancement en 2017.

Cette norme se concentre particulièrement sur le carbone intrinsèque des matériaux. Pour les nouveaux édifices performants, cet impact peut atteindre 90% de l’empreinte totale sur le cycle de vie.

Approches canadiennes et cas d’études internationaux

La certification BCZ propose deux voies distinctes pour les professionnels. La voie Design valide la conception durant la phase initiale, préparant la carboneutralité sans compensation.

La voie Performance exige un bilan carbone zéro annuel vérifié. Elle inclut la compensation des émissions résiduelles et le suivi des fluides réfrigérants.

« La norme BCZ transforme fondamentalement notre manière d’évaluer l’impact environnemental des bâtiments en considérant l’ensemble du cycle de vie »

Plusieurs projets exemplaires démontrent cette approche. Evolv1 à Waterloo fut la première certification BCZ-Design au Canada.

Le Collège Mohawk et les bureaux Lemay illustrent des cas concrets de réussite. Ce dernier a transformé un entrepôt abandonné en espace accueillant 350 personnes.

Voie de certification Phase d’application Exigences principales Projets exemplaires
BCZ-Design Conception Préparation carboneutralité sans compensation Evolv1 Waterloo
BCZ-Performance Exploitation Bilan carbone zéro annuel avec compensation Bureaux Lemay

L’approche québécoise bénéficie d’une électricité majoritairement hydroélectrique. Cette spécificité modifie les priorités vers l’efficacité énergétique et la limitation de l’énergie intrinsèque.

La mise à jour quinquennale des plans garantit la performance durable. L’analyse des données utilise des outils spécialisés comme l’Impact Estimator.

Conclusion

Les avancées réglementaires récentes positionnent la France parmi les leaders mondiaux de la performance environnementale bâtimentaire. La RE2020 propose une approche unique combinant énergie, analyse du cycle de vie et confort estival.

La trajectoire vers 2050 s’appuie sur des renforcements progressifs en 2028 et 2031. Cette transition place notre pays aux côtés de la Suède et de l’Allemagne dans le trio de tête des réglementations bas carbone.

Comme le souligne Fin MacDonald, « la norme Carbone Zéro est conçue pour être déployée à grande échelle ». L’objectif est d’appliquer ces standards à l’ensemble du secteur, au-delà des 10% de projets exemplaires.

Les bénéfices sont multiples : réduction des émissions, amélioration du confort et création de valeur. Denis Boyer rappelle que « construire exclusivement en zéro carbone aujourd’hui aurait un impact équivalent à arrêter totalement nos bâtiments ».

Le défi de la rénovation du parc existant reste considérable. Mais les nouvelles constructions ouvrent la voie vers un bâtiment véritablement soutenable pour les générations futures.

FAQ

Qu’est-ce qu’un bâtiment Net-Zero ?

Un bâtiment Net-Zero est conçu pour produire autant d’énergie renouvelable qu’il en consomme sur une année. Son empreinte carbone est très faible, grâce à une conception bioclimatique, des matériaux éco-responsables et une haute performance énergétique.

Comment l’analyse du cycle de vie réduit-elle l’impact d’un bâtiment ?

L’analyse du cycle de vie évalue l’impact environnemental total d’un bâtiment, de la production des matériaux à sa démolition. Cette approche permet de choisir des solutions qui réduisent les émissions de carbone sur toute la durée de vie de l’ouvrage.

La RE2020 change-t-elle vraiment la façon de construire ?

Oui. La RE2020 impose une approche globale, en se focalisant sur la sobriété énergétique, le bilan carbone des matériaux et le confort d’été. Elle pousse le secteur à innover pour réduire l’empreinte environnementale des nouvelles constructions.

Quels matériaux privilégier pour une construction décarbonée ?

Privilégiez les matériaux biosourcés (bois, paille) et géosourcés (pierre, terre crue) qui stockent le carbone. Les produits à faible énergie grise, comme le béton bas carbone, sont également essentiels pour améliorer la performance environnementale.

La ventilation et le chauffage sont-ils importants pour un bilan carbone optimisé ?

Absolument. Des systèmes de ventilation double flux et des solutions de chauffage efficaces (pompe à chaleur, solaire thermique) réduisent considérablement la consommation d’énergie. Cela diminue les émissions de carbone liées à l’exploitation du bâtiment.

La rénovation énergétique est-elle un levier important pour la décarbonation ?

Oui, car le parc existant représente un enjeu majeur. Améliorer l’isolation, moderniser les systèmes de chauffage et de climatisation dans les logements anciens permet une réduction massive des émissions à l’échelle nationale.

Les normes comme Passivhaus ou LEED® sont-elles compatibles avec la RE2020 ?

Ces approches sont complémentaires. La RE2020 est une réglementation française, tandis que Passivhaus (Allemagne) ou LEED® (États-Unis/Canada) sont des certifications volontaires. Ensemble, elles forment un cadre robuste pour atteindre des objectifs ambitieux de réduction carbone.

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